Bush et l'Iran

Publié le par Adriana EVANGELIZT

 

Bush et l'Iran

 

Eh oui... Bush et l'Iran... fastidieux problème. L'attaque n'a pas eu lieu en mars et elle n'aura pas lieu en juin. Bush se trouve pris en tenaille. D'un côté, il y a les éternels bellicistes Rumsfeld, Cheney et divers lobbies dont le pro-israélien qui poussent à la roue et de l'autre, nous trouvons Condoleeza Rice et quelques "sages" conseillers -dont Zbigniew Brzezinski- qui tempèrent la chose en pointant du doigt le danger de l'incertitude. Nous entendons par là, comme nous l'avons déjà dit, que la réaction à l'attaque de l'Iran pourraient enclencher divers processus qui enflammeraient non seulement le Proche-Orient mais aussi toute la planète si frappe il y avait.

Plusieurs options s'offrent à nous dans le cas d'une attaque. Frapper c'est bien beau mais encore faut-il savoir où et évaluer les retombées. Dans l'immédiat, il manque plusieurs données qui font penser que l'Iran aurait le temps de riposter et le premier pays visé serait Israël. Premier point. Le second point étant qu'au Pentagone, ils ne sont pas du tout certains de la réaction de Poutine. Il l'a dit et redit, il ne veut pas de guerre à ses frontières or, justement il en a une avec l'Iran. Tercio, l'autre os se trouve être la Chine qui a beaucoup investi dans l'armement ces dernières années -à tel point que cela inquiète les Etats-Unis- et qui a absolument besoin du pétrole et du gaz iranien pour sa propre consommation. Attaquer l'Iran poserait donc quelques problèmes à divers pays.

Mais d'un autre côté, nous avons vu aussi que lorsque les néo-cons ont décidé quelque chose, ils le font. Nous n'avons donc guère d'illusions à avoir là-dessus, à moins d'un miracle, l'Iran subira le même sort que l'Irak mais pas tout de suite. En posant un regard scrutateur sur les évènements planétaires, nous a sauté à l'oeil que l'Otan  veut envoyer 25 000 hommes supplémentaires en Afghanistan en Juillet et Août pour mater la Rébellion du Sud. Nous avons déjà parlé de l'Otan ICI sur un autre blog. Et nous ne sommes point dupe de ses manigances car n'oublions pas que ce sont les Etats-Unis qui sont derrière. Or, Rumsfeld se démène beaucoup pour qu'une certaine "force de réaction rapide" comprenant 300 000 hommes soit opérationnelle à une date-butoir. Et c'est cela qui nous a fait tilt. La date-butoir. Qui est le 1er octobre. A cette date-là, deux missions de 60 000 hommes et six de 25 000 devront être prêtes à intervenir partout dans le monde nous dit-on...

Maintenant, posons nos yeux sur une carte de l'Iran... que voyons-nous ? L'iran est cerné, à gauche par l'Irak avec l'armée américaine... à droite par l'Afghanistan où 25 000 hommes supplémentaires commenceront à se déployer dans quelques jours. Mais il y a aussi la Turquie et le Koweit avec des bases américaines... à la date butoir, il y aura en plus 300 000 hommes prêts donc à partir où on les enverra...

Le 1er octobre est une date intéressante dans le sens où au mois de Novembre, il y a les législatives américaines. Et il n'est pas du tout sûr que les républicains gagnent. Il est même certain qu'ils vont perdre. Est-ce que vous me suivez jusque-là ? Parce que la suite m'est apparue aussi transparente que de l'eau de roche. C'est ce que l'on nomme le "flash".  Avec toutes les casseroles accumulées, il est clair et net que le temps est compté pour les machiavéliques dont Rumsfeld fait partie. Celui-là, il est terrible. Il y a une force qui le tenaille, quelque chose d'irrépressible. Comme un mission qu'il faut qu'il accomplisse avant de quitter la scène. Et ce sera l'Iran pour aller dans la direction d'Israël. Il va donc installer le chaos avant d'être éjecté. Il sait qu'il n'a plus rien à gagner ni à perdre. Qu'il croit. Sa grande insistance pour cette date-butoir du 1er octobre n'est pas fortuite. J'ai longtemps pensé qu'il ne serait pas assez stupide pour attaquer avant les législatives. Le Peuple Américain le prendrait très mal, il est déjà sous pression à cause de l'Irak et de l'Afghanistan. Cela se répercutera sur les élections et sur Bush...  Mais Rumsfeld n'en a rien à faire du Peuple et encore moins du Président qui pour lui et ses acolytes n'est qu'un pion et rien de plus. 

Je pense donc que l'attaque de l'Iran aura lieu dans la deuxième quinzaine du mois d'octobre. Déjà qu'Amhadinejad prenne son temps pour répondre aux propositions qui lui ont été faites lui déplaît fortement ainsi qu'à Cheney. Ils ne doivent pas cesser d'houspiller Bush en ce sens. Lorsqu'il est venu à Vienne, le Président a d'ailleurs dit qu'il n'allait pas attendre des mois. On s'en doute. Ils lui mettent la pression. Il est fort probable que l'Iran ne va pas renoncer à l'enrichissement de l'uranium en y mettant comme condition d'être suivi par l'AIEA. Ceci arrange les bellicistes car ils ne sont pas d'accord. Il leur faut de toute façon une raison pour attaquer. Dans leur précipitation, ils ont quand même oublié une chose... ils pensent qu'avec l'OTAN, ils viendront facilement à bout de l'Iran en pratiquant des frappes chirurgicales. Sur le papier tout semble facile quand on ne connait rien à l'art de la guerre comme Rumsfeld et Cheney. Leur auront échappé quelques détails. Les mêmes en fait qu'en Irak et qu'en Afghanistan. Ces gens-là recommencent toujours les mêmes erreurs car ils ne travaillent pas avec leur intelligence mais avec leur mauvais instinct. Cette force irrépressible justement qu'ils n'arrivent pas à dompter car il leur faut tout et tout de suite. Ils suivent leur idée sans évaluer les conséquences et les dégats de leurs décisions. Il y a des tas de gens comme eux de par le monde. Le fait d'encercler le flanc sud de la Russie et d'installer des bases de l'OTAN dans les pays "démocratisés" de l'Est n'est pas non plus fortuit. Car ils craignent justement une réaction de Poutine. Ils pensent qu'ils vont le circonvenir en tissant leur toile sur cette partie de territoire. Mais Poutine sera-t-il seul ? Voilà le détail. La communauté internationale et notamment l'Europe vont-ils rester sans broncher ? Toute la question est là. D'autant qu'on se démène beaucoup à Washington pour faire adhérer divers pays à leur "thèse". Nous mettons entre guillemets car si le gouvernement Bush semble avoir pris quelques distances avec les sanctions, personne n'est dupe, au fond...

Dans l'immédiat, je m'arrêterai là pour ce soir... bonne nuit.

Adriana Evangelizt

Publié dans GEORGE W. BUSH

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